Sommaire
L'essentiel en un clin d'œil
L'église Grand-Fort-Philippe, dédiée à Notre-Dame de Grâce, a été ouverte au culte en 1862, financée en partie par les revenus de pêche des marins. Située à deux pas du gîte Bouteille A la Mer, près de Gravelines, elle se visite librement et conserve des vitraux maritimes, des plaques de naufragés et des orgues de 1885.
Au cœur de la cité des pêcheurs, l'église Grand-Fort-Philippe raconte mieux que n'importe quel musée l'histoire des familles de la Côte d'Opale. Construite au XIXe siècle grâce aux sacrifices des marins, elle abrite des vitraux où la mer du Nord, les bateaux et la Vierge protectrice se répondent. Pour nous, c'est aussi une histoire de famille : plusieurs de ces vitraux ont été offerts par Ernest Bouteille, armateur à Grand-Fort-Philippe et arrière-grand-père de votre hôte.

📷 Gîte Bouteille A la Mer — Tous droits réservés
Présentation de l'église Notre-Dame de Grâce
Les faits qui suivent proviennent du livret « Grand-Fort-Philippe, le patrimoine maritime et religieux », publié en 2005 par l'association Échos et Nouvelles des Rives de l'Aa avec le service Communication de la ville.
En 1841, Grand-Fort-Philippe n'est encore qu'un hameau de Gravelines. Pour assister aux offices, les familles de marins doivent rejoindre l'église Saint-Willibrord, à environ quatre kilomètres. Après des journées de labeur en mer, ce trajet relève de l'épreuve.
La population grandit pourtant vite : la pêche attire des familles venues des Hemmes d'Oye et de Mardyck. Grand-Fort-Philippe veut son église, mais la municipalité de Gravelines refuse de la financer.
L'abbé Masselis, pèlerin bâtisseur
L'abbé Jacques Masselis, aumônier des Ursulines de Gravelines, convainc l'archevêque de Cambrai de la nécessité du projet. Il prend son bâton de pèlerin et quête dans les villages et paroisses voisines. Il vend même des images pieuses pour réunir les fonds.
Les marins financent leur propre église
Les marins ne restent pas spectateurs. Ils acceptent de céder 1 % de leurs revenus de pêche, puis 2,5 % pour terminer les travaux. Leur contribution atteint 35 000 francs sur un chantier estimé à 125 000 francs, presbytère compris.
La première pierre est bénite le 1er octobre 1860. L'église, de style ogival inspiré du XIIIe siècle, est livrée au culte le 1er octobre 1862. Ce jour-là, les bateaux du port arborent leurs pavillons et les rues se couvrent de fleurs.
En 1864, Grand-Fort-Philippe devient une paroisse à part entière. L'année suivante, les marins font don de leur église à la municipalité de Gravelines. La haute tour occidentale, dessinée par l'architecte François Develle, est achevée en 1870.
Pourquoi visiter l'église Grand-Fort-Philippe
Derrière une façade sobre, l'intérieur révèle un véritable condensé du patrimoine maritime des Hauts-de-France. Chaque objet porte la mémoire d'une famille de pêcheurs.
Des vitraux tournés vers la mer
Les vitraux du chœur représentent Notre-Dame de Grâce, la commune et tout ce qui la rattache à la pêche. À gauche, Jésus apaise la tempête. À droite, une pêche miraculeuse. Le vitrail central montre la Vierge au-dessus des maisons de Grand-Fort-Philippe et d'une voile de bateau.
Le transept accueille deux grands vitraux offerts par les paroissiens en 1925, dont une Sainte Jeanne d'Arc et une Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Restaurés par la Ville entre 1990 et 2004, ils ont retrouvé toute leur lumière.
⏳ Illustration en cours d'autorisation
Vitrail central du chœur : Notre-Dame de Grâce au-dessus du port et d'un bateau de pêche, photo de l'hôte
Les plaques des marins naufragés
Le long du mur droit, des dizaines de plaques commémoratives portent le nom d'un bateau, la date et le lieu du naufrage, et les noms des marins disparus. Parfois un père et ses fils, embarqués sur le même navire. C'est le passage le plus émouvant de la visite.
Au fond de l'église, la liste des pasteurs de la paroisse débute avec le chanoine Masselis, fondateur. Des plaques rappellent aussi les victimes des deux guerres mondiales.
Une chaire avec une ancre marine
La chaire dite « de vérité », datée de 1871, figure l'arbre de Jessé : une ancre marine est accrochée à ses racines. Les évangélistes ornent la cuve, tandis que l'Esprit Saint veille sous l'abat-voix.
Orgues, grotte et confessionnaux
Les orgues ont été commandées en 1885 aux facteurs Delmotte frères, de Tournai, en Belgique. En entrant, vous découvrez à droite une grotte de Notre-Dame de Lourdes (1905), et à gauche un calvaire de 1879. Les confessionnaux néo-gothiques en chêne sculpté complètent ce mobilier remarquable.
Pour prolonger l'expérience, rejoignez ensuite le Calvaire des Marins de Grand-Fort-Philippe, érigé en 1947 au bord du chenal de l'Aa en remerciement à Notre-Dame de Grâce.
🗞️ Actualité : chaque 15 août, la procession de la bénédiction de la mer part de l'église Notre-Dame de Grâce vers le Calvaire des Marins. Vérifiez le programme auprès de la paroisse avant votre venue.
Informations Pratiques
Adresse & Accès
Église Notre-Dame de Grâce, 2 rue des Masselis, 59153 Grand-Fort-Philippe. Depuis le gîte, comptez quelques minutes à pied ou à vélo par le centre-ville.
Horaires
Visite libre en journée, du lundi au samedi (horaires indicatifs : 9h-17h). L'accès est limité pendant les offices. Contact paroisse : 03 28 23 13 93.
Tarifs
Entrée gratuite. Les dons pour l'entretien de l'édifice sont bienvenus.
Durée & Accessibilité
Prévoyez 30 à 45 minutes pour lire les plaques et observer les vitraux. Si vous circulez en fauteuil, renseignez-vous auprès de la paroisse sur l'accès au seuil d'entrée.
L'Avis du Gîte
Pour nous, cette église n'est pas un simple monument. Ernest Bouteille, armateur à Grand-Fort-Philippe, était l'arrière-grand-père de votre hôte. Avec son épouse Bernadette Wadoux, il a offert en 1923 le vitrail de l'apparition du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie.
En octobre 1927, la famille Bouteille-Wadoux fait poser quatre nouveaux vitraux consacrés aux grandes fêtes : Pâques, Noël, Pentecôte et Toussaint. Près d'un siècle plus tard, ils éclairent toujours la nef. La maison du gîte, bâtie en 1953 grâce aux dommages de guerre, porte d'ailleurs ce nom de famille devenu « Bouteille A la Mer ».

📷 Gîte Bouteille A la Mer — Tous droits réservés
Un armateur au temps de la pêche à Islande
Notre famille garde le souvenir de ce que fut un armement à l'époque des campagnes d'Islande. À côté des entrepôts, une bâtisse servait à la fois de bureau et de lieu de paie. Les marins y touchaient la moitié de leur solde avant d'embarquer pour les mers du Nord.
Cette avance n'était pas un hasard : la pêche en Islande était si meurtrière que beaucoup ne revenaient pas. Dans la tradition héritée des corsaires dunkerquois, l'épouse de l'armateur tenait l'estaminet attenant. Bernadette en tenait les rênes, et une part des soldes revenait ainsi à la maison.
Sur cette photo d'archive, le petit garçon qui se tient près d'Ernest est Raphaël, le grand-père de votre hôte. Devenu mareyeur, il approvisionnait en poisson de Grand-Fort-Philippe les marchés de Saint-Omer et jusqu'aux Halles de Paris.
La Seconde Guerre mondiale met fin à l'armement familial et aux métiers de la mer dans notre famille. Les dommages de guerre permettent ensuite de bâtir, en 1953, la maison qui vous accueille aujourd'hui.
En mémoire de cette période de prospérité, les chambres de notre gîte avec vue mer à Gravelines portent les noms de voiliers de pêche armés par nos deux familles, les Bouteille-Wadoux et les Talleux-Gaffet, et par leurs voisins du port :
- Reine Astrid, dundee de l'armement Bouteille-Wadoux, transmis par la mémoire familiale
- Jeune Marguerite, dundee Talleux-Gaffet armé de 1898 à 1912, patron Pierre Louis Wadoux, démoli à l'entrée du port le 12 novembre 1912
- Julienne, dundee Talleux-Gaffet armé de 1896 à 1915, patron François Jean-Baptiste Talleux
- Espoir, lougre Talleux-Gaffet armé de 1892 à 1916, patron Jean François Talleux
- Zélie, dundee de l'armement Ducloy-Bocquelet, armé de 1897 à 1918, patron Joseph Amand Capelle
Clin d'œil à l'église : un lougre baptisé Notre-Dame de Grâce sortait aussi du port, armé de 1894 à 1912.
Pour comprendre ce que vivaient ces équipages, poursuivez par le Musée gratuit de la pêche à Islande, installé dans l'ancienne école de pêche de la commune. La Maison de la Mer Maximilien Engrand, à Grand-Fort-Philippe, vous fait revivre l'époque de la pêche à Islande.
Notre conseil : venez en fin d'après-midi, quand le soleil traverse les vitraux du chœur. Prenez le temps de lire les plaques des naufragés, puis marchez jusqu'au calvaire et au chenal. Vous comprendrez en une heure ce que la mer a donné et pris à notre commune.
Pour remonter plus loin dans le temps, découvrez notre article Grand-Fort-Philippe : 800 ans d'histoire maritime. Et si vous séjournez dans notre gite, demandez-nous l'histoire des vitraux : nous la racontons avec plaisir.
📚 Source : « Grand-Fort-Philippe, le patrimoine maritime et religieux », Échos et Nouvelles des Rives de l'Aa, Gravelines, 2005. Réalisation : service Communication de la Ville de Grand-Fort-Philippe, avec l'aide du Conseil Général du Nord et du Crédit Mutuel de Gravelines.
📚 Bateaux : Georges Maroniez, « Instants des Forts — le long du chenal, il y a un siècle… », guide d'exposition, Gravelines, 2002, p. 72 (tableau d'identification des bateaux photographiés en 1904 à l'embouchure de l'Aa).
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FAQ
L'église de Grand-Fort-Philippe est-elle ouverte au public ?
Oui. L'église Notre-Dame de Grâce se visite librement en journée, du lundi au samedi, en dehors des offices. L'entrée est gratuite, et la visite s'adapte à tous les âges.
Comment aller à l'église depuis le gîte Bouteille A la Mer ?
L'église se trouve au 2 rue des Masselis, dans le centre de Grand-Fort-Philippe. Elle est accessible en quelques minutes à pied ou à vélo depuis le gîte.
Qui a financé la construction de l'église Notre-Dame de Grâce ?
L'abbé Jacques Masselis a quêté dans toute la région, et les marins ont cédé jusqu'à 2,5 % de leurs revenus de pêche. Des familles d'armateurs, comme les Bouteille, ont ensuite offert plusieurs vitraux.



